Les monoptères

Les monoptères
Les monoptères (ceux qui n'ont qu'une aile)

samedi 27 juin 2015

Chien noyé

Et puis brisons là,
Si tu ne m'aimes plus,
CE QUE PARFAITEMENT JE CONÇOIS,
Et ne me blesse.. disons PRESQUE plus,


Inutile de remuer, de chercher,
Des raisons à cela,
CAR IL N'Y EN N'A PAS, 
PAS DE RESPONSABILITÉ :
Un amour peut-t-il mourir


Comme nous épuisé, 
À sa source tarie,
Tout simplement.
C'est ainsi hélas.


Parfois, pas en même temps,
Il est vrai :
Une donne encore,
L'autre déjà plus :
Les deux s'assèchent alors,
La première ne pouvant
Nourrir la bréhaigne.


Et ce soir tu m'as asséchée.
Terre arasée au rocher.

J'ai trop de peine,
Mais pas pour toi,
Ou pas seulement ?
Le sais je moi-même ?


J'ai perdu un ami,
Il m'était très cher,
Sans que je ne le sache,
À ce point,
Avant qu'il n'ait disparu.
Et je ne cesse de pleurer
Plus que pour toi, étrange ?


À moins cela ne s'ajoute ?
Malgré mon nouveau beau!
Visage, merci, j'ai envie de mourir
Un peu. Juste un an ou deux,
On achève bien les chevaux.

vendredi 26 juin 2015

J'ai perdu un ami

On croit ne faire qu'un,
Mais on est deux,
Vent d'est, vent d'ouest,
Avec nos incrustes, nos fascines..
Que voulais tu qu'il advienne,
Mon amour,
D'une cévenole fille d'instit
Communiste ou communisante (!)
Et huit ans, de mineur,
Et d'un fils de banquier,
De surcroît libanais et juif?

Pour cela on s'est aimés,

Exotiques, fascinés,
Pour cela on s'est haïs,
Irrédents, insupportables..

C'est déjà beau qu'on ai résisté,

Si longtemps, n'est ce pas?
Et qu'en un sens on résiste encore,
Faiblement..

On n'est heureux qu'avec qui on n'aime pas.

Et maintenant laisse moi pleurer,
Pas pour toi, pour une fois,
Désolée,
Aujourd'hui j'ai perdu un ami,
Que j'aimais aussi
Et qui laisse un vide en moi

Jolie comme un coeur? Beau comme le jour? Le rose et le noir

Incapacité à t'oublier, 
À aimer,
À t'aimer pourtant?
Toi que je veux et ne veux pas,
À trahir un passé-présent,
Saccagé en douceur, pas à pas,
Libre à présent,
Virtuelle, je demeure, 
Attendant que ne meure,
Ou que se lèvent enfin,
De l'arbre déraciné,
Les marcots souterrains,
Du long hiver de la terre,
Endormie et prisonnière,
Obsolescence volontaire.
Comme Lydie, avec toi,
Tu as tout emporté de moi
Les jours s'en vont et je demeure,
Les jours s'en vont et je la pleure,
Vide et nourrie d'un rien, d'un souvenir,
Puisé dans un puits épuisé,
(Avantage, ça fait maigrir.)
__________________

Elle est jolie comme un cœur
Frêle et forte à la fois
Elle dit m'aimer
Peut être ?
Mais a t elle pensé à ma souffrance ?
Elle que j'ai aimé ardemment
Elle que j'ai aimé  passionnément
Elle qui m'a fait le plus souffrir  
A t elle pensé à cette blessure béante ?

Pendant que la maison était en train de s'écrouer
Je vois son sourire ironique, 
Son sourire de gagnante
Non je ne veux pas
Non ce n'est pas la peine de discuter
Débrouille toi pour faire autrement
Cette maison maintenant chargée de
Cette image d'elle
Une maison que je cherche à fuir, les tripes nouées

L' amour transformé en haine
Mon amour qu'elle a utilisé pour m'abattre
Son amour qu'elle clame aujourd'hui
Indifférente à toutes les blessures infligées
A t elle eu un regret ?
A t elle eu un doute ?
A t elle tenté quelque chose pour les soigner ?
Est elle capable de regarder la vérité en face
Non rien! 

Que lui importe, elle et ailleurs, partie pour de nouvelles aventures !
Elle aime, Elle est aimable, Il faut qu'on l'aime
Faut il que je prenne un abonnement permanent au masochisme ?
Jouir  de cette indifférence, de ce mépris ? 
Faut il continuer à assurer pour qu'elle puisse voguer à sa guise
Est là le bonheur qu'elle  propose ? 

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Pas de réponse possible mon amour, 
Merci pour le "jolie et forte" en tout cas, 
Un viatique tout de même.
J'ai fait ce que j'ai pu, ce que je sais faire :
Ecrire. Penser. T'imaginer.
Je n'ai pas pu faire mieux.

Car aimer c'est aussi donner prise,
Prendre des risques
Souffrir par l'autre, 
Qui parfois ne s'en aperçoit même pas, 
Ne peut faire autrement

Inéluctable : bonheur, extase, 
Et horreur à la fois,
Lorsque tout disparait, 
Qui nous fonde à haïr celui qui est parti
Ou que l'on a chassé, insulté,  
Ou les deux à la fois.

On n'est heureux qu'avec qui on n'aime pas
N'est-ce pas ?

Tu n'étais pas responsable
Ni moi. Et maintenant s'il te plait,
Laisse moi pleurer, seule c'est à dire sans toi
Je ne veux pas répéter 
Ma propre blessure, tu la connais. 

Tranches de vie. Sous le soleil de Satan


Tranches de vie. Chômage et cie.

Ils ont le sourire, toujours ou presque,
Un gravement accidenté du travail 
Qui à temps plein livre bataille, 
Depuis trois ans à de sombres démiurges,
Pôle emploi, sécu, et autres Zavéka,
Qu'il a enfin fait plier,
L'autre, malade par un travail non reconnu,
En attendant, chimio, etc et qui sait, 
Peut-être sera-ce trop tard? 
Un encore a connu guerre et horreurs dont il ne parle pas, 
Mais pour les oublier joue et boit, 
Puis boit pour oublier qu'il joue et boit,
Un autre idem mais ce n'était pas la même guerre.. 
Il y a aussi celui que sa fille méprise, forcément il l'a bien éduquée
Boîte privée, -comme la fille du notaire et du médecin, pensez !-
Où surtout il n'y a pas d'étrangers (comme il est!)
Pendant que, pour la payer, 
Il trimait au soleil sur des toitures,
Dont un jour il est tombé.. 
Beaucoup quittés et perdu enfants, famille,
Un rescapé d'un suicide, abîmé, résiste à présent, 
Une agressée sexuellement dans l'enfance, résiliente 
Boute en train de tout le monde qui la grapille, 
Un qui tente de se tirer de qui l'exploite, le houspille, 
Familles je vous hais,
Et enfin, d'oublier l'abandon qui fut sien... 
Et ne sait plus si elle est d'ici ou d'ailleurs,
Cévennes je vous hais!
Bonne humeur pourtant de façade, 
Et parler, parler vraiment, ça ne vient pas à l'idée. 
Alors on boit. On avale. 
Vies à la lumière stroboscope..
Un troquet, un village, famille ersatz 
De qui n'en ont pas, plus ou plus voulu parfois..
Qui vous tolère, fracassé résistant ou les deux à la fois,
Vous accepte et même vous met en exergue, 
Mais vous absorbe, vous colle aux pieds 
Boule de glu douce-amère. 
Où survivre ailleurs? Partout pourtant! 
Il faut partir quand il est temps. 

Vent d'est, vent d'ouest, pieds bandés

Image


pieds bandes






http://drquinn.forumprod.com/la-tradition-chinoise-des-pieds-bandes-t479.html

"Vent d'est, vent d'ouest" (Pearl Buck), retrouvé en rangeant et relu d'un trait, m'a bouleversée, bien plus que la première fois que je l'avais lu il y a des lustres (je l'avais alors trouvé par certains cotés qui m'avait agacés presque du genre roman "rose")... 

Une impression poignante de reviviscence, des scènes à peu de choses près identiques*... tout se passe comme si ma vie avait été ainsi "tracée" sans que je ne m'en souvienne par ce livre lu à ? 13 ans ? c'est à dire qu'elle fut en partie copiée sur celle de la jeune américaine amoureuse d'un homme d'une autre culture rencontré aux USA où il était venu faire ses études (un chinois en le cas, certes occidentalisé mais ligoté par les liens indissolubles d'un clan traditionnel)... Mary qui naïvement tente en vain de s'intégrer dans sa famille... jusqu'à leur fuite lorsqu'il s'avère que ce ne sera jamais le cas, racisme oblige : elle n'a finalement été "acceptée" ou plus exactement tolérée en bout de table que par la force des choses (il est le seul fils), la volonté imployable de son mari qui y avait cru, et tolérée provisoirement, dans l'espoir qu'il se lasse enfin d'elle... (c'est à dire comme "petite femme", concubine)... Avec en prime quelques regards concupiscents des hommes étonnés et intéressés -elle est exotique-, parfois la jalousie des femmes supplantées par une étrangère qui de surcroît n'a rien fait pour cela, et des sous-entendus égrillards de la part du chef de clan, (le père, grand "amateur" de femmes qui la lorgne ouvertement**, certes elle est belle, mais en plus, que peut-elle bien posséder comme savoir-faire sexuel spécial pour que son fils s'y soit tellement attaché, lui qui pouvait disposer à l'envi des plus habiles courtisanes?) Elle croit à de la compassion vis à vis sa dramatique situation de rejet et ne comprendra qu'après, avec la haine que l'on imagine.  

Jusqu'à la "catastrophe" qui va coûter la vie de la terrible matriarche qui en mourra de chagrin : Mary devient enceinte ... (or le mari est promis depuis toujours à une jeune fille idoine, même milieu, même fortune etc. et rompre une telle promesse serait mettre toute la famille dans une situation de déshonneur inimaginable.) Le père exige alors tout simplement de son fils qu'il la renvoie chez elle, mais avec une grosse somme d'argent pour la "dédommager" et la payer pour l'enfant. [Par parenthèse, dans ces familles au strict moralisme, avec esclaves, meurtre de petites filles en cas de "nécessité" (besoin de nourrice par exemple), "achat" de jeunes concubines au fur et à mesure que les maternités ont abîmé la précédente... celles-ci, lorsque le maître passe une nuit avec elles selon ses préférences et leur savoir-faire, souvent la dernière, la plus fraîche, (et les rivalités qui vont fréquemment jusqu'au suicide, entre ces malheureuses méprisées par tous sont épouvantables et sordides).. celle-ci est payée ensuite -si le mari est satisfait de ses prestations sexuelles- ce qui les réduit à la situation de  prisonnières prostituées permanentes à temps plein avec un seul client et renforce l'ostracisme dont elles et leurs enfants sont victimes de la part de tous, de l'épouse en titre et des enfants "légitimes" en premier.]   

C'est comme si je m'étais ensuite astreinte à rejouer le scénar, juste un peu plus soft, en endossant son rôle. Question : les livres que nous lisons, (les films etc..) et qui, sans que l'on s'en rendent compte, nous imprègnent, nous déterminent-ils ensuite dans tous nos choix y compris amoureux? 

* Celle notamment où le jeune mari exaspéré enfin reçu chez "lui" impose sa femme en la prenant par la main et la conduisant vers sa mère (qui cependant à l'instant vient de refuser de la voir -en chinois-) sans que celle-ci ne comprenne le geste inouï qu'il vient d'accomplir et qu'il lui a fait accomplir.

** Idem.

__________________________

Idem me revient l'histoire de Léa (Pearl Buck toujours, je crois?) la fille juive rejetée par sa famille parce qu'ils ne parviennent pas à la marier, réduite au rang de servante.. qui tue par accident son frère odieux se moquant d'elle et son dernier espoir déçu. A vérifier. La même histoire -vraie en ce cas- m'a été racontée.. Étrange ! Est-elle banale ? Les jeunes filles juives maltraitées/méprisées au bénéfice d'un frère unique mis sur piédestal... qui les tyrannise comme tous en toute impunité auraient-elles tendance à s'en débarrasser de la sorte? (Un coup de couteau en les deux cas.) Ma foi... Profit et pertes d'une culture de merde. 

Je fais souvent ce rêve version femme


morts_ecrivains_Nerval_Woolf_Edilivre



Je fais souvent ce rêve étrange et salutaire,
D'un inconnu, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui est chaque fois, tout à fait le même,
Et m'aime et me comprend, nécessaire,
Absolument.

Car il me tolère,
Et ma prison de verre,
Mon antre de sorcière, 
Lui seul sait l'accepter. 
Un amant? Un père?
Peut-être, un mari, qui sait?
Un fantôme, sûrement,

Celui que la mort exila
Et qui déjà le savait,
Qui pense à moi pourtant,
Et m'écrit et me voit,
Mais ne me trouve pas?

Une voix lointaine, 
Et grave, qui à peine
Sussure, puis se tait,
Dans la nuit encore enclose,
L'aurore aux doigts de rose
Dissipant peu à peu sa clarté.

Et, dans la lumière impie, 
L'inconnu, impalpable
Doucement s'évanouit.
Et demeure la réalité,
Aveuglante, impitoyable,

Jusqu'à la prochaine nuit.

Le prix de la liberté


Incapacité à t'oublier, 
À aimer,
À t'aimer pourtant?
Toi que je veux et ne veux pas,
À trahir un passé-présent,
Saccagé en douceur, pas à pas,

Libre à présent,
Virtuelle, je demeure, 
Attendant que ne meure,
Ou que se lèvent enfin,
De l'arbre déraciné,

Les marcots souterrains,
Du long hiver de la terre,
Endormie et prisonnière,
Obsolescence volontaire.

Comme Lydie, avec toi,
Tu as tout emporté de moi
Les jours s'en vont et je demeure,
Les jours s'en vont et je la pleure,
Vide et nourrie d'un rien, d'un souvenir,
Puisé dans un puits épuisé,
(Avantage, ça fait maigrir.)